Il est temps d’instaurer une culture de l’anticipation et des actes éco-citoyens à tous les niveaux pour assainir nos cadres de vie.

La saison pluvieuse s’annonce à la joie de toutes les populations du Burkina Faso. En effet, ayant enduré la période de forte canicule des mois de mars à mai, c’est tout à fait normal que la majorité des Burkinabè se réjouisse de vivre enfin la période hivernale. Les populations rurales, majoritairement agricoles, sont dans l’impatience mais aussi la crainte des poches d’excès ou de déficit pluviométriques. Dans les villes, même si les craintes ne sont pas de même degré, il faut dire que tout le monde n’est pas serein. Depuis maintenant quelques années, nous subissons les effets des changements climatiques avec son corollaire d’imprévus négatifs. En septembre 2009, le Burkina Faso a enregistré sa véritable première inondation jamais égalée dans le pays. Cette catastrophe a provoqué plusieurs sinistres dont certains portent encore les séquelles psychologiques, matérielles et sociales. Malgré l’expérience de 2009 et des autres catastrophes qui ont suivi tant à Ouagadougou que dans plusieurs localités du Burkina Faso, très peu de mesures efficaces tant individuelles que collectives sont prises pour amoindrir les effets ou pour anticiper : les populations continuent de vivre dans des zones déclarées inondables sans aucune précaution ; les politiques sont soit inefficaces, soit insuffisamment mises en œuvre pour préserver les populations d’éventuels nouveaux cas. Pendant la saison pluvieuse, les voies d’accès à plusieurs quartiers et secteurs de la ville de Ouagadougou, de Bobo-Dioulasso, de Ouahigouya et j’en passe, sont impraticables. Et cela depuis des années. Les années se succèdent et se ressemblent. Les populations ont fini par se convaincre que rien ne peut être fait pour changer la donne : c’est la résignation totale. Et pourtant, des possibilités existent. Nous avons presque tous perdu le sens du bien commun. Pendant que certains font l’effort d’apporter du sable pour niveler les voies impraticables des six mètres, on trouve d’autres qui sortent ramasser le sable pour vendre. Depuis que l’éducation civique de la population a foutu le camp de la cité, tous les comportements même des plus répréhensibles trouvent explication. Quand on prend l’exemple des travaux d’aménagements du canal traversant le quartier Kourittenga de Ouagadougou, on se rend compte que l’entreprise a contribué à dégrader sérieusement la voie bitumée, rendant sa praticabilité difficile. Malheureusement, cette entreprise semble se soucier très peu de ces graves désagréments occasionnés par ses actions. Parmi les actions simples mais citoyennes qui peuvent être entreprises, on peut noter le curage des caniveaux avant que la saison pluvieuse ne s’installe définitivement ; le nettoyage des quartiers qui peut et doit se faire de façon permanente ; l’entretien des routes par les communes ; le dépôt de bacs à ordures dans chaque secteur, quartier avec incitation des populations à y verser les ordures... Malheureusement, l’Etat et ses démembrements semblent manquer d’une culture d’anticipation et d’exemple à donner. C’est lorsque les rues et les quartiers commenceront à être envahis par les eaux de pluie, difficiles à contrôler que nous observerons enfin des actions

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