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Il s’agit de rendre disponibles et accessibles au lit du malade 100% des produits de santé essentiels à travers la dispensation journalière individuelle et nominative dans les CHU et CHR. Cette composante de la pharmacie hospitalière a débuté en 2018 dans les Centres Hospitaliers Universitaires de Tengandogo, de Bogodogo et dans deux services pilotes de Charles De Gaule. La mise en œuvre s’est poursuivie en 2019 dans ces structures. Pour une Cible de 15%, le taux de réalisation est de 21,43% en 2019 avec trois (3) CHU qui mettent en œuvre la dispensation journalière individuelle nominative. Toutefois, l’hôpital pédiatrique Charles De Gaule envisage l’extension de la dispensation journalière individuelle nominative à tous les autres services.

D’une façon générale, on peut dire que la pharmacie hospitalière existe dans les formations sanitaires du Burkina Faso avec des fortunes diverses.

Les composantes telles que la gestion des approvisionnements et des stocks ; la stérilisation et l’hygiène hospitalière sont mises en œuvre de façon transversale dans 8 CHR et les 6 CHU. On note avec satisfaction que tous les CHR et CHU disposent de dépôt pharmaceutique en leur sein. Il en est de même pour les 45 CMA qui disposent chacun d’un DMEG fonctionnel. La principale source d’approvisionnement en MEG pour les hôpitaux demeure la CAMEG qui livre ces structures au besoin et selon la disponibilité des stocks. Par ailleurs, on note parfois des ruptures de stocks qui constituent un obstacle à la mise en œuvre de la DJIN.

Bien que la mesure soit en place, il faut noter qu’elle connaît d’énormes difficultés dues aux manques et/ou ruptures fréquents de produits dans les dépôts internes aux formations hospitalières. La situation est d’autant plus préoccupante pour plusieurs CHR et CHU. Les patients et/ou leurs accompagnateurs sont obligés de se rendre dans les officines privées pour se procurer les produits pharmaceutiques, parfois dans des situations urgentes. Le CHU de Tengandogo où il n’existe pas d’officine privée à proximité de l’hôpital rend difficile le paiement de produits pharmaceutiques sur la base d’ordonnances émises.

Toujours concernant la DJIN, l’hôpital Saint Camille et le CHU-Yalgado sont en pleine réorganisation pour entamer la mise en œuvre de la stratégie.

 

Au titre de la stérilisation et l’hygiène hospitalière, les CHR, CMA et CHU sont appuyés dans leurs activités par Expertise France à travers le projet PRISMS et par JHPIEGO depuis 2017. Cet appui se traduit sur le terrain par les dotations en matériel médicotechnique et en kit de protection, le renforcement des capacités des

Acteurs sur la prévention des infections ainsi que la dotation en intrants pour la préparation de la solution hydro-alcoolique.

On note qu’en dehors des centres hospitaliers universitaires de Tengandogo et de Bogodogo qui disposent chacun d’une unité de stérilisation centralisée, la stérilisation se fait de façon dispersée au niveau des autres hôpitaux.

Elle concerne essentiellement les champs opératoires, les boites d’accouchement, le matériel chirurgical 

Les préparations hospitalières sont en plein essor dans les hôpitaux. A cet effet, un pharmacien galéniste a été identifié comme expert national pour assurer la formation des acteurs au niveau des hôpitaux sur la préparation de la solution hydro-alcoolique dans le cadre des appuis d’Expertise France (PRISM) et JHPIEGO à l’ensemble des

CMA, CHR et CHU du pays. A cela s’ajoute les activités de mouillage de l’alcool, la préparation de l’eau de javel et la préparation de sirop pour des malades spécifiques (sirop de morphine au CHU-CDG et au CHU Bogodogo).

La pharmacie clinique est actuellement mise en œuvre dans tous les CHU. Ces structures ont une mission d’enseignement et de recherche. A ce titre, des étudiants en pharmacie y sont encadrés et ils participent aux staffs cliniques en vue de donner un avis pharmaceutique sur les cas et les prescriptions, de participer au suivi clinique et biologique du traitement instauré. Le travail du pharmacien se poursuit également avec des informations sur les médicaments qu’il met à la disposition des autres personnels intervenant dans la thérapeutique : c’est l’information médicale. 

Enfin, les vigilances sont également mises en œuvre de façon transversale dans toutes les formations sanitaires. Cela se traduit par la formation des potentiels notificateurs et la mise à leur disposition des fiches de notification. La remontée de l’information au niveau du centre de pharmacovigilance se fait par la transmission de la fiche ou bien par notification directe en ligne sur une plateforme développée par l’OMS.

Les difficultés de mise en œuvre de la PH sont entre autres :

- l’insuffisance de ressources (humaines, financières et matérielles) ;

- l’insuffisance des locaux (pharmacies hospitalières inadaptés et dispersés dans les CHR et CHU) ;

- l’insuffisance des textes existants ;

- la non structuration de la pharmacie hospitalière en unité au niveau des CHR ;

- le faible fonctionnement des comités thérapeutiques (protocoles thérapeutiques et liste des médicaments) ;

- l’influence des visiteurs médicaux ;

- l’insuffisance de l’allocation budgétaire pour l’approvisionnement en produits de santé ;

- les ruptures fréquentes en MEG.

Engagement en cours de réalisation
Date de l'évaluation : 05-2020