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Le Ministère de la sécurité a indiqué que les moyens de lutte contre le grand banditisme et le terrorisme ont été fortement accrus en termes d’équipement et de moyens matériels, afin de permettre aux forces de défense et de sécurité de faire face à la situation.

Les autorités ont également évoqué l’accroissement substantiel du budget de la sécurité en 2019 qui permettra de doter les forces de sécurité de plus de moyens.

L’arsenal juridique a été renforcé à travers l’adoption de la loi n016-2016/AN relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au Burkina Faso ayant conduit à la création effective de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF). De plus, un pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme a été créé avec l’adoption le 19 janvier 2017 de la loi n°006-2017.

Comme on peut le constater, le terrorisme n’est plus seulement une menace mais est devenu une réalité au Burkina Faso. Les attaques terroristes se sont multipliées dans le pays depuis janvier 2015 jusqu’à nos jours et a fait plusieurs centaines de victimes.

La situation sécuritaire s’est fortement dégradée depuis la fin de l’année 2018, amenant le gouvernement a décrété un état d’urgence dans quatorze (14) provinces situées dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Est, de l’Est, des Hauts-Bassins, du Nord et du Sahel. L’état d’urgence a été prolongé en juillet 2019 (après six mois de vigueur) pour une nouvelle période de six mois jusqu’au 12 janvier 2020.

En mai 2019, l’assemblée nationale a adopté une nouvelle loi portant sur la règlementation de l’état de siège et de l’état d’urgence au Burkina Faso afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme dans le pays. Lors du Conseil des ministres du 27 décembre 2019, le Ministère de la Justice a introduit et obtenu du conseil, l’adoption d’un projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence au Burkina Faso pour une durée de douze (12) mois à compter du 13 janvier 2020 à zéro heure. L’état d’urgence concerne les quatorze provinces des six régions déjà couvertes par la mesure. Ce projet de loi devra être adopté en début janvier 2020 par l’assemblée nationale avant l’expiration du délai en cours.

La prorogation de l’état d’urgence pour une durée aussi longue (12 mois) laisse voir que la situation n’est pas encore sous contrôle même si l’on constate que les forces de l’ordre et de sécurité ripostent de plus en plus aux attaques et assauts sur le terrain. Toutefois, il est important que les autorités surveillent la mise en œuvre de l’état d’urgence pour éviter qu’il ne soit une circonstance d’abus et de violations graves des droits humains dans la lutte contre le grand banditisme et le terrorisme.

On note aussi que des mouvements d’humeur persistent au sein des FDS pour des revendications en faveur d’un meilleur équipement des forces de sécurité, pour de meilleures conditions de vie et de travail, notamment des questions liées à la carrière du personnel. Il est alors important de veiller à la prise de mesures visant à corriger les lacunes existantes et surtout de doter les FDS de moyens logistiques et matériels conséquents et adéquats pour leur permettre de faire face aux défis actuels. Enfin, la gouvernance du secteur de la sécurité est toujours sujette à plusieurs critiques sur le plan de la transparence. Il est par conséquent important de mettre en place des mécanismes transparents pour la gestion des fonds publics alloués au secteur de la sécurité impliquant les acteurs de la société civile, les parlementaires entre autres. Il faut dire que le secret défense ne doit pas constituer une source de mal gouvernance et de mauvaise gestion des deniers publics.

Engagement réalisé
Date de l'évaluation : 12-2019