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  1. Renforcer l’effectivité de la gratuité de l’éducation de base primaire et son caractère obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 11 ans

Selon le Ministère en charge de l'éducation, tous les élèves du primaire public bénéficient du cartable minimum. Depuis 2009, des ressources financières sont régulièrement transférées aux communes pour l’acquisition de cartable minimum. Entre 2016 et 2018, la somme de 17 304 501 000 francs CFA a été transférée aux communes pour l’acquisition du cartable minimum au profit de tous les élèves du primaire public. En 2018, un montant de 1 milliard 400 millions FCFA a été alloué pour la production des manuels scolaires et des matériels ludiques et pédagogiques au profit du préscolaire et du primaire.

Malgré cette volonté, le constat au quotidien nous permet de dire que cet engagement n’est pas atteint. Par ailleurs, il y a les frais imposés par les Associations des Parents d’Elèves (APE) qui, dans plusieurs situations entraînent non seulement la stigmatisation des élèves à revenus faibles qui font l’objet de raillerie de la part de leurs camarades, mais aussi entraînent des exclusions d’enfants du système éducatif. Cela est encore d’actualité dans certaines localités bien que le gouvernement interdise officiellement d’exclure des enfants pour incapacité de paiement des frais APE.

Il est important que les autorités repensent l’existence, la composition et surtout le fonctionnement des associations des parents d’élèves afin que l’action de celles-ci soient transparentes et contribuent à l’amélioration des conditions du système éducatif sans jamais porter atteinte au droit à l’éducation des enfants vulnérables.

Concernant le cartable minimum, plusieurs acteurs que nous avons rencontrés nous ont confirmé son existence. Ils déplorent toutefois la qualité du matériel offert aux élèves.

 

2. Etendre la gratuité de l’éducation de base au post-primaire pour les enfants âgés de 12 à 16 ans

Des dispositions ont été prises dans le sens de la gratuité de l’éducation de base au post primaire avec la réduction progressive des frais d’inscription et de participation des élèves au fonctionnement des établissements publics d’enseignement secondaire, d’abonnement et de location de manuels scolaires. L’arrêté conjoint n°2018-0029/MINEFID/MENA du 12 février 2018 prévoit la diminution progressive des frais de scolarité au post primaire et secondaire pour atteindre la gratuité entière à partir de l’année scolaire 2020-2021 pour certains niveaux. Il faut souligner toutefois que l’acquisition du cartable minimum au post primaire et au secondaire est toujours à la charge des parents d’élèves.

Bien que la mesure de diminution des frais soit en cours, il convient d’attirer l’attention des autorités sur l’existence de cotisations spéciales allant de 5 mille à 15 mille francs CFA instaurées par des chefs d’établissements. Nous avons pu vérifier de multiples frais payés par un seul élève dans lesquels on peut relever respectivement 5000 F CFA pour cotisation spéciale, 5000 F CFA pour frais APE, 5000 F CFA pour une carte d’identité scolaire, 2000F CFA pour les manuels scolaires et 5000 F CFA pour abonnement bibliothèque. Ce qui donne un total de 22 000 F CFA pour le même élève en dehors des frais de scolarité qui doivent être payés. Non seulement ces coûts sont exorbitants mais ils viennent se grever aux frais de scolarité et remettre ainsi en cause la politique de gratuité progressive voulue par le gouvernement. Il est donc indispensable que des mesures fortes soient prises au niveau national pour mettre fin à ces paiements illégaux.

Il faut aussi noter que la quasi-totalité des établissements du post-primaire sont sans bibliothèque et manquent de livres requis pour leur bon fonctionnement et le bon apprentissage des élèves. Malgré cette situation, les plusieurs établissements continuent de percevoir systématiquement les frais de manuels et de bibliothèque auprès des élèves.

Il est par conséquent de revoir la qualité et le dynamisme du travail du Centre National des Manuels et Fournitures Scolaires (CENAMAFS) qui non seulement ne livre pas les manuels en fonction des expressions de besoins formulées, mais aussi lorsqu’il peut le faire, livre les manuels en quantité insuffisante et en retard.

Engagement en cours de réalisation
Date de l'évaluation : 03-2019