Élément d'appréciation: SANTE 01

Engagement: Gratuité des actes se rapportant à la santé des personnes âgées indigentes, de l’enfant de 0 à 5 ans (paludisme, diarrhées, infections respiratoires aigües) et de la mère (paludisme, consultation prénatale, accouchement, césarienne, etc.) En cours de réalisation

Cet engagement figure dans la Déclaration de politique générale (DPG) et repris dans le Plan de développement économique et social (PNDES).

Au titre des mesures prises en 2016

Cette mesure couvre environ 25% de la population burkinabè.

La gratuité de la prise en charge s’est étendue au dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus et au traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus par cryothérapie. Il faut cependant relever que le dépistage par palpation et observation (mode retenu) n’apure pas la prévention du cancer, les examens de laboratoires et de mammographie ne sont pas pris en charge. Un problème éthique subsiste également, car le traitement des cancers dépistés n’est pas pris en charge en dehors de la cryothérapie.

Au total, 6,8 millions d’épisodes de maladies de l’enfant de moins de 5 ans, 1,2 million d’épisodes de maladies de femmes enceintes et de soins prénataux, 431 422 accouchements et 12 979 césariennes ont été réalisés au cours de l’année 2016 dans le cadre de la gratuité des soins. Cette mesure a coûté environs 22 milliards de FCFA dont 96,4% assurés par le budget de l’État.

En 2017 la gratuité des soins avec un coût de30,2 milliards de FCFA a permis de prendre en charge 

- 715 000 accouchements par voie basse ; 


-  21 500 césariennes ; 


-  4 900 000 consultations de prise en charge des femmes enceintes ; 


-  10 800 000 consultations de prise en charge d’enfants de moins de 5 
ans. 


Il faut saluer certes, l’augmentation du taux d’accouchement assisté par le personnel de santé qualifié est passée de 80,9% en 2016 à 82,9% en 2017 et le niveau de mortalité maternelle intra-hospitalière s’est établi à 120,9 pour 100 000 parturientes en 2017 contre 134,6 pour 100 000 en 2016. 


Cependant, la faible variation des indicateurs malgré la gratuité des soins démontre à souhait l’existence d’autres facteurs importants qui méritent d’être pris en compte. Il s’agit de la qualité du plateau technique, l’insuffisance de ressources humaines qualifiées, et la disponibilité des intrants de santé.

 

Cette politique publique a eu un succès très mitigé, certaines difficultés sont apparues et constituent un goulot d’étranglement. Il s’agit entre autres des ruptures de médicaments et d’intrants, aggravées par la crise survenue au niveau de la direction de la CAMEG, l’insuffisance d’appropriation par les acteurs et le déficit de sensibilisation à l’endroit de la population, du manque de motivation des ressources humaines ployant sur la charge élevée supplémentaire de travail.

Le processus de relecture du statut de la CAMEG est  amorcé avec les acteurs, il est impératif d’accélérer le processus pour avoir une politique claire de l’approvisionnement du médicament au Burkina. L’État Burkinabé au regard du statut actuel n’a pas les leviers sur l’approvisionnement du médicament.

Notons cependant qu’au regard du projet de texte en cours de validation, l’Etat pourrait reprendre les leviers, ce qui est une bonne chose pour sécuriser le médicament. Néanmoins, le fait que la CAMEG ne devrait plus être sous tutelle technique du ministère de la santé est source de tensions latentes, le gouvernement devrait aplanir au plus vite cette question pour éviter de retomber dans une seconde crise.

 L’argent de la gratuité a pu permettre à la CAMEG de recouvrer ses créances publiques, cependant, nous enregistrons toujours des ruptures d’anti asthmatiques, d’anesthésiques ayant abouti à la fermeture de plusieurs blocs opératoires.

Il faut noter que cette mesure de gratuité est une amélioration des Soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU) qui rencontraient beaucoup de difficultés. Certaines ONG l’implémentaient également sur des sites pilotes.

Nous constatons également, ce que nous pourrons appeler de l’incivisme institutionnel de certains Etablissements Publiques de Santé hospitalière qui refuse d’appliquer intégralement le décret portant gratuité des soins dans les structures publiques de santé . C’est le cas de l’hôpital public Blaise Compaoré construit sur la base d’un prêt du contribuable, bénéficiant d’une subvention annuelle du budget de l’État ainsi que de ressources humaines publiques détachées. La question de l’autonomie des hôpitaux mérite un regard circonstancié au sommet de l’État pour le bonheur des populations. Les Directeurs d’hôpitaux jouissent d’une irresponsabilité politique aux yeux du citoyen qui demandera toujours des comptes au gouvernement en matière de recevabilité. L’autonomie relative de certaines structures frisant souvent une gestion privée considérée par certains DG comme des enclaves diplomatiques doit cesser.

Nous constatons toujours que l’hôpital Blaise Compaoré en violation totale des droits humains fondamentaux et du Code pénal refuse d’apporter des soins à des femmes enceintes et des enfants  en détresse au motif de manque de place, sans au préalable stabiliser la malade. Cet hôpital est le seul au Burkina Faso qui refuse des maladies évacuées pour absence de place. Cette situation augmente considérablement la mortalité maternelle et infantile dans notre pays.


3 Commentaires

Hahadi SANDAMBA - Sat, 07/21/2018 - 10:43

Sur cette question, il est important de souligner que dans beaucoup de CSPS, il y'a toujours rupture de medicaments concernant les enfants. Aussi, il y'a des agents de santé, les gérants des dépôts qui " camouflent" des produits pour en revendre à d'autres qui ignorent la situatuon. Il faut donc que les autorités se penchent sérieusement sur ces cas de situation.

yonli - Sat, 11/17/2018 - 10:30

bonne demarche et félicitations au président pour son engagement mais faut noter la réalité va au délas des chiffres. Le manque de produits pharmaceutiques constitut un freint pour cet engagement. notons que dans certains CSPS on ne trouve même pas de paracetamol par moments et cela constitu une affaire pour ceux du privé. Dommage!!!!