Dialogue Citoyen avec Rosine Sori/Coulibaly : le Burkina a des difficultés financières mais n’est pas surendetté

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Coulibaly / Rosine était l’invitée de l’émission « Dialogue Citoyen » sur la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), le mardi 16 janvier 2018. Cette première émission citoyenne de 2018 est organisée par l’ONG Diakonia et ses partenaires dans le cadre du Présimètre.

L’économie et les finances burkinabè ont fait l’objet d’un contrôle des citoyens. Entre fronde sociale et croissance économique, la ministre en charge de l’économie et des finances a expliqué aux citoyens comment s’arbitre le panier commun au Burkina Faso. C’était au cours de l’émission ‘’Dialogue Citoyen’’, une émission de suivi citoyen du programme du président du Faso. 

En entretien avec les journalistes de la RTB, Rosine Coulibaly a été invité à se prononcer sur la part des salaires dans le budget national. La ministre s’est appesantie sur les modes de calcul et les pratiques en la matière. « Nous travaillons sur la base d’indicateurs de bonne gestion des finances publiques. Le ratio est celui des dépenses salariales rapportées aux recettes fiscales. Le ratio salaire/recettes s’établit autour de 50% et cela n’est pas bon car la norme communautaire est de 35% » soutient-elle, et de tirer la sonnette d’alarme car nous proche de la ligne rouge. 

Des échanges avec les citoyens plusieurs préoccupations ont été exposées.  Des partenariats publics privés (PPP), le Fonds monétaire international (FMI) a donné un avertissement quant à son utilisation selon les citoyens. Mais pour la ministre, le Burkina Faso n’a pas attendu cet avertissement pour se donner lui-même son propre avertissement. Les PPP, explique-t-elle, sont un moyen pour financer le développement d’un pays mais ce n’est pas une panacée. Il faut donc faire des analyses avant de se lancer. En la matière, « nous regardons l’offre par rapport aux offres similaires, ou est-ce que cela ne vas entrainer le pays dans un endettement » souligne Hadizatou Coulibaly. Pour elle, lorsque c’est un PPP, sans endettement pour l’Etat, il n’y a aucun problème. Le problème ce sont les préfinancements car cela suppose un endettement dit-elle.

Les citoyens ont aussi demandé des éclaircissements sur mobilisation des ressources et les facteurs qui ont contribué à la fixation des prévisions au niveau de la Douane, la Direction générale des impôts (DGI) et le trésor dans un contexte économique discutable. 
Selon le Ministre Coulibaly, il a été tenu compte de l’évolution de la mobilisation domestique dans d’autres pays. Pour elle, s’il existe une bonne organisation, le pays peut accroitre ces recettes fiscales de 30% par an. Elle cite en exemple le Rwanda ou encore le Togo. Le Burkina Faso a réalisé 14% d’accroissement entre 2016 et 2017 cela veut dire qu’il y a de la matière a-t-elle soutenue. 
Des exonérations fiscales qui se table à 75 milliards de francs CFA en 2015, les citoyens se sont inquiétés et ont voulu savoir les mesures pour rationaliser ces exonérations. Rosine Coulibaly a expliqué qu’une étude a été faite et la conclusion est que les entreprises ne respectent pas leurs engagements d’une part, mais aussi  les services fiscaux ne font pas de contrôle d’autre part. « C’est pour cela que les exonérations de certaines entreprises n’ont pas été renouvelées » selon elle. Pour l’optimisation des recettes fiscales, les citoyens se sont interrogés sur l’existence d’un fichier informatisé sur la fiscalité au Burkina. La réponse est sans détour pour la ministre, le fichier existe. Mais elle reconnait que des insuffisances existent au niveau du cadastre par exemple. Toute chose qui ne permet pas de recouvre l’impôt sur les terrains bâtit et non bâtis. 

De la stratégie du gouvernement pour n’est pas endetter le pays, la ministre se veut rassurante. Et elle explique le bienfondé de la dette. Pour elle, le principe de s’endetter n’est pas mauvais mais c’est l’utilisation de la ressource qui est importante. « Actuellement le Burkina n’a pas un problème d’endettement et d’ici 2020, le pays ne sera pas dans une situation d’endettement élevé ou de cessation de payement » rassure-t-elle.

Les participants à l’émission ‘’Dialogue Citoyen’’ sont revenus sur  la contribution de tous les burkinabè au développement du pays, Ils ont voulu savoir  Pourquoi il n’y a que les fonctionnaires et les commerçants qui payent l’impôt? Selon Mme Rosine Sori, c’est une préoccupation qui est partagée par la direction générale des impôts. Une réflexion est déjà engagée pour rechercher des solutions afin que  tout le monde participe au développement du Burkina rassure-t-elle.

Le francs CFA s’est aussi invité au débat. Selon Madame Coulibaly, le francs CFA n’est qu’une monnaie qui permet aux pays de la zone franc d’échanger avec les autres pays du monde. La question de fond pour elle, est qu’au stade actuel, la réflexion est « est-ce qu’il faut rester dans la zone franc ou non ». L’un des inconvénients du CFA selon elle, est la parité de cette monnaie qui est arrimé à l’Euro. « Cela ne permet pas d’être flexible » a-t-elle conclu. 

Sur la transparence et le contrôle citoyen des finances, les citoyens ont évoqué la fronde sociale et la stratégie du gouvernement pour y répondre. Quelles est la stratégie que le gouvernement adopte pour que les revendications sociales soient soutenables par le portefeuille de l’Etat ? C’est une préoccupation partagée selon la ministre des finances. « Elle ralentit l’activité économique mais aussi elle rend la situation sociale délétère. Le gouvernement à une ligne de conduite, celui du dialogue social » a-t-elle expliqué. Et de poursuivre, les revendications sociales sont énormes et gouvernement travail à convaincre les syndicats pour sauver ce qui l’être.
La diminution du train de vie de l’Etat est une réalité selon madame Coulibaly. Pour elle « ce n’est pas la poudre aux yeux, c’est une réalité ». Et de citer des exemples comme le carburant et le téléphone dans les services publics qui ont été plafonnés.  Elle ajoute qu’une étude a été commanditée sur le parc automobile de l’Etat et un nouveau mécanisme sera mis en place. Elle est aussi revenue sur la résiliation d’un certain nombre de baux administratifs et les ateliers délocalisés. Toutes ces pratiques ont permis à l’Etat d’économiser selon Rosine Coulibaly. 

Des salaires des membres du gouvernement, madame la ministre explique que depuis 27 ans, il n’y avait aucun texte pour encadrer cela. Le gouvernement a donc défini un certain nombre de critère pour encadrer les rémunérations.
Le code de transparence qui est une exigence au niveau communautaire est aussi revenue. Pour la ministre, il y a déjà des mesures dans ce sens comme, le budget citoyen en français facile pour que le citoyen puisse savoir ce qu’est un budget. Mais ajoute-t-elle, la redevabilité est de la responsabilité du citoyen. « C’est aux citoyens de prendre leurs responsabilités et de demander des comptes au gouvernement ».

Sur le développement local, la promesse du ‘’Zéro corvée d’eau d’ici à 2020’’ s’est invité au débat. Selon les participants,  c’est une des mesures phares mais il y a une baisse de 14% du budget alloué au ministère en charge de l’eau. Ils s’inquiètent de l’atteinte donc de l’objectif de cet engagement du président du Faso. Le ministre dit ne pas se reconnaitre dans la baisse, mais elle rassure que l’objectif ‘’zéro corvées d’eau d’ici à 2020’’ sera atteint. 

Sur la question du programme d’urgence pour le sahel, la ministre des finances pense que le gouvernement est à féliciter car après les attaques terroristes de 2015, le Burkina a pris ses responsabilités contrairement à d’autres pays. Exemples à l’appui, Rosine Coulibaly est catégoriques. En 2017, il y a eu contrairement à ce que les gens disent des investissements importants dans le Sahel. 
Après plus d’une heure d’échanges, ‘’Dialogue Citoyen’’ a jugé qu’il y avait de la cacophonie au niveau des chiffres sur le ratio salaire/ recettes. Aussi, la bonne santé financière dont parle le gouvernement  ne se ressent pas dans le panier de la ménagère. Cependant, l’émission juge Rosine Coulibaly convaincante sur beaucoup  de questions à lui posées. La note globale est de 7.5/10 lui a été attribuée. L’émission « Dialogue Citoyen » est un espace citoyen d’échange et de suivi la mise en œuvre des engagements du Président du Faso.

PRESIMETRE TEAM

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